« Pour des rivières vivantes » souhaite expérimenter une régénération low tech des cours d’eau

Sous-titre
Régions Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie
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Chantier castor
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Le 6 octobre 2025 s'est tenu le séminaire de lancement du projet « Pour des rivières vivantes » portée par la Métropole de Lyon et soutenue par l’association MAPCA : une étape importante pour ce projet qui vise à expérimenter sur différents territoires une nouvelle manière d’appréhender la restauration des rivières, fondée non plus sur l’artificialisation ou l’ingénierie lourde, mais sur l’observation et l’imitation des processus naturels. L'ingéniosité d’un acteur écologique majeur souvent oublié, le Castor, sera particulièrement observée.

Une écologie du soin inspirée du castor

Les castors jouent depuis des millénaires un rôle essentiel dans la dynamique des rivières : en construisant des barrages, ils favorisent la rétention d’eau, la création de zones humides et la biodiversité associée. S’inspirer de ces processus naturels revient à œuvrer avec le vivant plutôt que contre lui.

C’est l’esprit de ce projet : restaurer des cours d’eau dégradés en utilisant des techniques low tech (ouvrages de branches, barrages en bois, aménagements temporaires) pour relancer les processus naturels de régénération. Ces interventions seront accompagnées de suivis scientifiques, pédagogiques et artistiques afin d’en observer les effets et d’en diffuser les apprentissages.

⛰️ Sept sites pilotes pour expérimenter

Le projet se déploie sur sept sites ruraux et périurbains, répartis dans les régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne Rhône-Alpes, au sein d’initiatives locales en lien avec les syndicats mixtes, intercommunalités et associations :

- Le ruisseau du Taleyson (Gironde) avec le Syndicat Mixte du Ciron 

- Le ruisseau du Birac/Bacquerisse (Gironde) avec le SMAH Beuve Bassanne 

- Le Ruisseau du grand canal (Petite Leyre, Gironde) avec le PNR Landes de Gascogne 

- Ruisseau de Haute-Faye, affluent du Thaurion (Moulin de Prugnolas, Creuse) avec le CEN Nouvelle-Aquitaine 

- Les cours d’eau temporaires des Fermes de Ségur (Ségur-le-Château, Corrèze) avec l'association MAPCA

- Le ruisseau des Bormes, affluent du Lot (Lot) avec le GAEC MAS d’Ailles (Lot) 

- Le ruisseau des Planches (Rhône) avec la Métropole de Lyon

👩‍🔬 Un suivi scientifique interrégional

Le projet bénéficie d’un accompagnement scientifique coordonné par André Evette (INRAE Grenoble), Didier Alard (INRAE Bordeaux) et Maria Alp (INRAE Lyon). Les suivis de biodiversité sont assurés par Flavie Crouzet et Rémi Bourru (protocole renforcé), et par Melvyn Jonard (MAPCA) pour les suivis allégés et la production naturaliste.

De premiers chantiers ont déjà eu lieu sur plusieurs sites, avec la participation de Joe Wheaton, chercheur américain à l’origine du référentiel technique sur les ouvrages low tech basés sur les processus naturels (BDAs – Beaver Dam Analogues). Ceci a permis d’enrichir la réflexion collective sur ces méthodologies d’intervention et leur adaptation au contexte français.

🎨 Une approche artistique et philosophique pour questionner notre relation à l’eau

La revitalisation des cours d’eau n’implique pas seulement de penser autrement les techniques de restauration, il s’agit également de questionner nos relations à ces milieux consubstantiels. Dans ce contexte, les artistes Marta Sostres et Suzanne Husky mèneront une création cinématographique et dessinée pour interroger les liens entre humains et milieux aquatiques, accompagnée d’une mise en récit philosophique par Baptiste Morizot.

🌍 Une initiative inspirante pour la Métropole de Lyon

Au-delà de l’expérimentation écologique, « Pour des rivières vivantes » cherche à retisser le lien entre habitants, élus, techniciens et milieux aquatiques. Sur le territoire de la Métropole de Lyon par exemple, plusieurs outils sont mobilisés : 

- Comités techniques associant usagers et partenaires (OFB, DDT, fédérations de pêche, associations naturalistes) ;

- Chantiers participatifs pour construire les ouvrages et suivre leur évolution ;

- Dispositifs pédagogiques à destination des écoles et associations riveraines ;

- Actions de communication : panneaux pédagogiques, reportages vidéo, formats courts pour les réseaux sociaux ;

- Suivis participatifs ouverts aux habitants et acteurs de terrain.

Ce type de dispositifs a pour intention d’impliquer les habitants dans la construction et le suivi des structures, relier les populations à la biodiversité de leur bassin versant.